Auxerre et la méthode Guy Roux

Stéphane Grichting, le Valaisan d’Auxerre
Depuis l’épisode de l’Argentine et son but de Buenos Aires sous le pseudonyme de Quentin, cette fois-ci c’est bon, tout le monde ici connait Norbert Eschmann. Aujourd’hui journaliste sportif aux 24 Heures, nous apprécions particulièrement sa plume et sa vision du football helvétique. C’est pourquoi, régulièrement, vous retrouverez sur ce blog La diagonale du foot, sa chronique du 24Heures.
Pourquoi une fois de plus évoquer ce club et cet entraîneur ? Parce que l’AJ Auxerre s’engage dans une année particulière, celle de son centenaire, alors que Guy Roux, record absolu de longévité, vit sa 43ème année comme entraîneur, premier grand responsable technique d’un club qu’il a construit de la première ébauche à la paus du toit.
Et, surtout parce que l’exemplaire parcours de son équipe devrait servir de modèle à de nombreux clubs helvétiques qui rament derrière le train de vie complètement dingue, irréel, des grandes équipes des mégapoles européennes. Auxerre, ville de 40′000 habitants (ndlr : Sion = env. 30′000), se situe dans le secteur comparatif de nombreuses agglomérations moyennes de Suisse. D’ailleurs Guy Roux ne cesse de répéter qu’il se plaît beaucoup dans notre pays, qu’il est amoureux du Valais où il se sent chez lui. Avec, hier Alexandre Comisetti (actuellement au Mans), et aujourd’hui Stéphane Grichting, Guy roux démontre son intérêt pour le produit suisse.

En son temps, “Kubi” faisait rêver Guy Roux
En son temps, son rêve avait été de faire signer Stéphane Chapuisat et plus encore Kubilay Türkylmaz, alors au Grasshopper : “Celui-là, m’avait-il confié dans son bureau de l’Abbé Deschamps, c’est la classe mondiale”. Amussé, il avait immédiatement ajouté “Donc Kubi n’est pas pour nous !”. Cette modestie, cette lucidité, n’ont certes jamais quitté un homme qui, parallèlement, se révélait grand professeur en évoquant l’ambition saine, le moteur nécessaire à toute activité sportive. Personne mieux que lui, sait balayer le complexe du “petits” confrontés aux “grands”. Malin, madré, Guy Roux cite souvent d’énormes budgets, qu’il compare avec les comptes de son “petit” club auxerrois. C’et évidemment pour mieux en récupérer l’impact, et s’en faire une arme psychologique souvent décisive.
Question : “Le championnat de France n’est pas très spectaculaire, il ne se marque pas beaucoup de buts…” Réponse : “L’étranger nous a piqué Drogba, Morientes, Guily, Cissé, Prso et laissé les meilleurs défenseurs. Pourquoi je n’ai pas pris de bons Brésiliens pour Auxerre ? Parceque les présidents des clubs brésiliens de sont pas demeurés, ils connaissent les prix. Du coup, les bons Brésiliens ne viennent pas à Auxerre. Par contre, moi je sais trouver le meilleur joueur du Zimbabwe”.
Norbet Eschmann, 24Heures
